Tous les articles

Comment écrire les instructions d'arrivée en autonomie ?

Un voyageur qui arrive de nuit, sous la pluie, avec un enfant endormi dans les bras. C'est pour lui qu'on écrit ces six lignes.

Pour écrire des instructions d'arrivée en autonomie, numérotez les étapes dans l'ordre du trajet, donnez un repère visuel à chacune, et ajoutez une photo de la porte. Le voyageur doit avancer sans jamais avoir à deviner.

Une main ouverte tenant un trousseau avec un porte-clés en forme de maison, devant une porte blanche
Tout se joue entre la voiture et la serrure.

C'est le moment le plus fragile du séjour. Le voyageur ne connaît rien, il est fatigué, et il est souvent seul devant une porte fermée. Une instruction floue à cet instant-là coûte un appel, parfois une mauvaise note.

Dans quel ordre écrire ?

Dans l'ordre du trajet, pas dans l'ordre où vous y pensez. Le voyageur arrive en voiture, se gare, marche, trouve la porte, ouvre. Écrivez exactement cette suite, une étape par ligne, numérotée.

1. Garez-vous sur la place gravillonnée, devant le grand cyprès.

Le repère physique fait tout le travail : « le grand cyprès » se trouve de nuit, « la deuxième place à gauche » se compte mal.

Quels repères choisir ?

Ceux qui ne changent pas et qu'on voit sans les chercher. Une couleur de porte, un arbre, un numéro peint, un commerce au coin de la rue. Évitez tout ce qui bouge : une voiture garée, un panneau saisonnier, un volet ouvert.

  • Bon repère : la porte verte à droite du garage
  • Mauvais repère : le troisième portail après le virage
  • Bon repère : la boîte grise vissée sous la boîte aux lettres
  • Mauvais repère : la boîte à clés habituelle

Ce dernier point revient souvent, et il mérite son article : comment expliquer une boîte à clés.

Faut-il des photos ?

Une seule suffit, et elle change tout : la façade avec la porte d'entrée, prise de l'endroit où le voyageur arrive à pied. Pas une belle photo, une photo utile. Si le chemin est compliqué, ajoutez celle de la boîte à clés, cadrée assez large pour qu'on voie où elle est posée.

Un livret numérique porte ces photos sans rien coûter. Sur du papier, elles se démodent avec la peinture du portail.

Quand faut-il les envoyer ?

La veille, pas le jour même. Un voyageur qui part à 6 h du matin ne lira pas un message reçu à 15 h. Et envoyez-les deux fois : une fois dans le message d'avant séjour, une fois dans le livret, qui reste consultable pendant tout le séjour.

Le code, lui, se donne à part. Beaucoup d'hôtes envoient le code le matin de l'arrivée, pour ne pas qu'il traîne dans une conversation vieille de trois mois.

Ce qu'on oublie presque toujours

Ce qui se passe après l'ouverture. Où est l'interrupteur de l'entrée, où poser les valises, où est le compteur si le disjoncteur a sauté. Un voyageur qui entre dans le noir dans une maison inconnue se sent mal accueilli, même si la maison est belle.

Ajoutez une ligne : « L'interrupteur est à gauche en entrant, derrière la porte. » Ça vaut trois paragraphes sur le charme de la région.

La relecture qui vaut le coup

Faites lire vos instructions à quelqu'un qui n'est jamais venu, et regardez où il hésite. Chaque hésitation est un message que vous recevrez un jour à 22 h. C'est le même principe que les questions qui reviennent : ce qui manque au livret finit dans votre téléphone.

Le cas de la nuit

La moitié des arrivées compliquées se passent après la tombée du jour. Tout ce qui se repère à l'œil disparaît : la couleur de la porte, le numéro peint, la haie.

Deux phrases suffisent à le régler. « La lumière du perron s'allume toute seule quand on approche. » Et, si ce n'est pas le cas : « prévoyez la lampe de votre téléphone, l'allée n'est pas éclairée ». Un voyageur prévenu ne s'inquiète pas ; un voyageur surpris appelle.

Ce qu'on écrit pour un appartement

L'immeuble ajoute des étapes que personne ne pense à décrire : le code de la porte de rue, l'interphone et le nom qui y figure (rarement le vôtre), l'étage, et l'ascenseur qui ne monte pas au dernier niveau.

Chacune de ces étapes est un endroit où l'on peut se tromper. Numérotez-les comme le reste, et donnez le nom écrit sur la boîte aux lettres : c'est ce qui manque le plus souvent.

Vous pouvez écrire cette rubrique en premier en créant votre livret : c'est celle qui rend le plus de service.

— l'équipe Booky

Les questions qu'on nous pose

Faut-il donner le code d'entrée à l'avance ?

La veille suffit. Beaucoup d'hôtes préfèrent l'envoyer le matin même pour qu'il ne traîne pas dans une vieille conversation.

Que faire si le voyageur arrive de nuit ?

Ajoutez un éclairage extérieur et dites-le : « la lumière du perron s'allume toute seule ». C'est le détail qui rassure le plus.

Faut-il traduire les instructions d'arrivée ?

Oui, en priorité sur tout le reste. C'est le seul moment où le voyageur ne peut pas se débrouiller autrement.

À lire ensuite

Essayer un livret